Les schémas ont la vie dure. Dans certaines familles, les filles et les garçons ne reçoivent pas la même éducation. Même si les parents veillent à instaurer une certaine égalité entre les sexes, à ambition égale, leurs exigences seront souvent plus grandes pour un garçon que pour une fille.
Inconsciemment ou pas, certains parents restent persuadés que c’est l’homme qui doit faire vivre sa famille... Un vieux reste des représentations sexistes des rôles conjugaux du "papa lit et maman coud" figurant dans les manuels du XIXe siècle !
Les jeux et les loisirs sont tout aussi révélateurs de cette persistance du passé. Incontestablement les jouets sont "sexués". On offre spontanément une poupée à la petite fille et un pistolet à un petit garçon. L’inverse est rare…
SI VOTRE GARCON JOUE A LA POUPEE OU L INVERSE
Jusqu’à 3 ans, le bébé joue indifféremment avec tout.
À partir de 3 ans-4 ans, il perçoit une différence entre les deux sexes, l’écart se précise : les garçons vont vers les voitures, les filles vers les poupées. Un même objet entre les mains des garçons et des filles sera détourné de façon très significative. Un batteur pour dînette deviendra un pistolet pour les garçons tandis qu’il servira à une préparation culinaire pour les filles !
Entre 3 et 6 ans, il est normal que l’enfant fasse des incursions dans le domaine censé être réservé au sexe opposé. Une réaction trop hostile de la part des parents risquerait de le pousser à persister dans cette voie ou, au contraire, à entrer pour plaire davantage dans le moule stéréotypé du "petit macho" ou de la "petite Barbie". Il est donc préférable de le laisser faire.
AIDER SES ENFANTS A PRENDRE CONSCIENCE DE LEUR IDENTITE
Il est important de faire en sorte que le petit garçon s’identifie à son père et la petite fille à sa mère. Plus l’enfant aura la certitude d’appartenir à l’un ou à l’autre sexe, plus l’identité sexuelle sera marquée et solide. Il est nécessaire que la virilité s’édifie avec le père à travers, par exemple, une balade à vélo "entre hommes" et que la petite fille s’identifie à sa maman en partageant avec elle des moments simples de forte complicité comme l’heure du maquillage.
Mais ces attitudes ne sont pas univoques : un garçon sera ravi de préparer le repas avec sa maman et une petite fille de jouer au foot avec des garçons de sa classe ! Il faut tout simplement essayer de ne pas caricaturer les rôles. Les jeux ne sont pas déterminants en ce qui concerne la virilité ou la féminité de l’enfant.
Sur le plan scolaire, il est important d’avoir les mêmes exigences pour les deux : la physique et les maths ne sont pas l’apanage des hommes. Tout comme il convient d’encourager les filles à se montrer audacieuses, il faut inciter les garçons à être attentionnés et serviables à la maison. Ce qui n’empêche bien sûr pas de valoriser l’enfant dans son propre sexe pour qu’il en soit fier et s’épanouisse pleinement dans sa vie future. On n’hésite pas à dire à sa fille qu’elle est ravissante dans sa robe à fleurs et les talons hauts de sa maman et au garçon qu’il est un vrai petit homme !