LES SIGNES
Les coliques du nourrisson sont caractérisées par des pleurs inexpliqués et prolongés chez le bébé de moins de 6 mois. "Le diagnostic des coliques repose sur ces pleurs qui au total durent plus de 3 heures par jour, et ce pendant une période d’au moins trois semaines", explique le Docteur Jean-Pierre Chouraqui, pédiatre spécialisé en gastroentérologie et nutrition au CHU de Grenoble et membre de la Société Française de Pédiatrie (SFP). Ces pleurs peuvent durer plusieurs semaines et s’accompagnent d’une agitation de bébé. Le nouveau-né peut se contracter, il étire et ramène alors ses membres de façon répétée.
Les pleurs dus aux coliques peuvent survenir à n’importe quel moment de la journée et ne sont pas calmés par les câlins ou le bercement de bébé. Ces pleurs "inconsolables" sont souvent source d’angoisse pour les parents qui se sentent alors désarmés. Pourtant, les nourrissons qui souffrent de coliques sont généralement en très bonne santé, ils tètent normalement et leur courbe de poids est bonne. Ils ne présentent aucun autre symptôme en dehors des pleurs et de l’agitation.
LES CAUSES
Les coliques du nourrisson concernent 22 % des nouveau-nés. Tous présentent une bonne santé apparente, en dehors de ces troubles. "La cause des coliques reste encore mal déterminée par les médecins", observe le Dr Chouraqui. Mais selon ce pédiatre, des facteurs favorisants ont bien été identifiés.
"Trois types de conjonctions sont aujourd’hui connues : l’environnement, le contexte familial ainsi que certains troubles alimentaires du bébé", indique le Dr Chouraqui. Ainsi, des études ont montré qu’un environnement tabagique, pendant ou après la grossesse, exacerbe les coliques des bébés concernés. Indifféremment, les tabagismes paternel et maternel multiplient par trois les risques de coliques du nourrisson.
Le stress ambiant est aussi un élément favorisant les coliques. Elles se manifestent fréquemment lors du premier bébé, chez les mamans seules ou dans les couples stressés par le travail par exemple. Le stress des parents est alors reporté inconsciemment chez l’enfant.
"Nous avons remarqué que les bébés de parents souffrants de troubles intestinaux sont plus sujets aux coliques", observe le Dr Chouraqui. Les troubles fonctionnels de l’intestin (TFI) qu’on appelle aussi "intestins irritables" concernent tout de même 30 % de la population. Les coliques pourraient donc être dues à des troubles de la motricité intestinale du bébé.
Les bébés lents à la tétée ou goulus, et ceux qui ont une tétine, avalent beaucoup d’air. Une fois coincés dans le tube digestif, ces gaz peuvent être source de douleurs, des régurgitations peuvent aussi se manifester. Il faut donc impérativement faire roter bébé après la tétée et plusieurs fois dans la journée, et aussi arrêter l’usage de la tétine.
ET SI C ETAIT AUTRE CHOSE ?
Comme la colique du nourrisson est caractérisée uniquement par des pleurs, elle peut parfois être confondue avec d’autres maux. Ainsi, si en plus des pleurs, bébé présente d’autres symptômes, tels qu’une forte fièvre, des vomissements, des ballonnements, un refus de téter, une absence de selles ou au contraire une diarrhée, les parents doivent consulter rapidement un pédiatre. En effet, dans ces cas, il s’agit certainement d’une autre pathologie.
Dès que bébé se met à pleurer de façon brutale et que rien ne peut le consoler, les parents doivent consulter leur pédiatre. Cette première consultation d’urgence permettra d’écarter d’autres pathologies. Mais quand le diagnostic de colique est confirmé, les pleurs quotidiens de bébé ne doivent pas amener systématiquement les parents à une autre consultation. La colique peut durer plusieurs semaines mais s’arrête généralement brutalement, avant l’âge de 4 à 6 mois, armez-vous de patience ! Seule l’apparition d’autres symptômes que les pleurs ou l’agitation de bébé doivent inciter à reconsulter.